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Elana, petit soeur de Jésus Résistance non violente Nicole Bouexel Petite écolière palestinienne Mostapha Gadiris |
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Une religieuse à Gaza
Ce témoignage de Gaza
date janvier 2009.
De Grauw, sculpteur
18 janvier...
À vous tous et toutes qui vous êtes mis en communication avec nous, par téléphone,
par e-mail et à travers les moyens de la technologie, je voudrais vous remercier pour votre présence,
votre amitié qui a soutenu notre communauté et qui, pour moi personnellement, a été une force dans ces temps
si troublés. Je voudrais aussi vous partager quelques bribes du vécu dans cette ville de Gaza. Chacun est une cible possible.
En moins d'une semaine, Gaza devient un grand camp de réfugiés ou chacun est une possible cible de la prochaine attaque.
La vie s'organise en fonction des circonstances... De gaz il n'y en a point... L'électricité disparaît assez vite
car les installations sont aussi touchées par les bombardements...
L'eau devient plus que rare... Le pain est presque objet de «luxe».
Avoir quelques pains peut coûter jusqu'à 5 heures de queue devant le four!
A la recherche de nourriture
Pendant la journée, nous sommes tous à la recherche de nourriture...
Ou bien, bidon plastique à la main, nous cheminons à la recherche de quelques litres d'eau à boire!
Les nuits sont longues et terrifiantes, car les bombardements les plus durs sont souvent nocturnes...
Les soubassements, les murs, les fenêtres, tout trépide... Nous dormons la radio allumée, pour essayer de savoir «où cela serait tombé»...
De Grauw, sculpteur Terrorisme ?
«Terroristes»?... Cet homme, directeur de Banque, qui, avec sa femme et deux de leurs enfants, essaie de fuir,
en voiture, vers des zones plus sûres,... tous les quatre réduits en cendres par le tir d'un char de combat...
Ou les 15 morts dans le bombardement d'une Mosquée pendant la prière du soir. Ou les trois jeunes réfugiés dans une école de l'ONU,
qui meurent à minuit, si près de chez-nous... La déflagration fait tomber les vitres de nos fenêtres... mais les cris de douleur
de la mère d'une des victimes déchirent, pendant des heures, le peu de silence qui restait encore dans la nuit...
«une voix se fait entendre, une plainte amère... elle ne veut être consolée pour ses fils, car ils ne sont plus...» (Jer.31, 15). Une grande tristesse
Mes sentiments au milieu de cette déchirure?... D'abord une grande tristesse... Tristesse de voir disparaître tout vestige
d'humanité dans l'être humain, capable de semer ainsi mort, douleur, destruction...
Tristesse devant ce désir de voir plier, sous la violence, la soif de justice et de liberté de tout un peuple...
Mais, aussi, une certaine fierté devant le mouvement de solidarité et le courage pour «tenir» au milieu
de cette violence qui essaie de nous voler la vie... Le simple fait de vivre, d'aller de l'avant,
même l'âme en pleurs, est déjà signe de force et de résistance. Un fort désir de cheminer
Peur ?... Je ne crois pas l'avoir sentie... ou, peut-être oui... lorsque, devant une possible évacuation d'étrangers,
j'insiste, nous insistons dans notre désir de rester ici, près de « nos » gens... Et, une fois la décision prise, je sens en moi une petite crainte...
crainte d'avoir trop insisté, crainte de ne pas avoir pris la bonne décision...
Mais, cette crainte fut si brève... Elle devient aussitôt un fort désir de cheminer à côté de notre peuple, errant,
déplacé à l'intérieur de son si petit territoire. La vie plus forte que la mort
Mais, ce qui a donné le plus de force à tout mon être c'est d'aller avec Nada (enceinte de 5 mois)
pour faire une échographie... Le docteur me montre, dans l'écran, le coeur du bébé, petit point blanc qui bat avec force..tic..tic..tic..
accroché vigoureusement à la vie, criant au monde que, elle, la vie, est encore aujourd'hui plus forte que la mort !
De Grauw, sculpteur ![]() |