Questions politiques

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L'islam une religion violente de conquérants
d'un chrétien à un musulman


L'islam veut s'imposer dans la laïcité
d'un chrétien à un musulman


Une vague d'islamisation
d'un chrétien à un musulman


Islamophobie ou philosémitisme ?
d'un chrétien arabe à l'Eglise de France


Mixité à l'hôpital
d'un chrétien à musulman


Chrétiens en Algérie
d'un chrétien à un musulman


Chrétiens en pays musulmans
d'un chrétien à un musulman


Pourquoi n'y a-t-il pas d'église en Arabie Saoudite?
d'un chrétien à un musulman


Benoît XVI à Ratisbonne
d'un musulman à un chrétien

L'islam une religion violente de conquérants
d'un chrétien à un musulman



Les communautés chrétiennes d'Afrique du Nord, aux premiers siècles, étaient particulièrement vivantes ; elles ont fourni des saints et des penseurs. L'arrivée de l'islam a entraîné la mort de cette Eglise. N'est-ce pas la preuve que l'islam est une religion de conquérants qui s'impose par la violence ? Sa présence en Europe, la façon ostentatoire dont il s'impose aux regards ne sont-elles pas une menace pour la culture européenne ?

On ne peut nier que l'islam, dès la mort du Prophète s'est imposé d'une manière exceptionnelle. Ces victoires s'expliquent par l'affaiblissement des deux grandes puissances de l'époque (l'empire perse et l'empire byzantin) qui n'avaient cessé de se combattre.

En réalité, l'islam ne s'est jamais imposé, en tant que religion, ni aux juif ni aux chrétiens de manière violente. En pénétrant sur les territoires qu'ils conquéraient, les musulmans proposaient aux « Gens du Livre » le choix entre la conversion ou le maintien de leur culte. S'ils choisissaient la fidélité à leur religion ils versaient un impôt en échange de la protection qu'on leur assurait.

Même si, en chaque pays conquis, on amenait des tribus arabes pour assurer l'administration et la sécurité, on ne peut nier qu'en Palestine, par exemple, juifs, chrétiens et musulmans ont vécu fraternellement et partagé la même culture jusqu'à la naissance du sionisme. Certes, les coptes sont soumis aujourd'hui à rude épreuve dans leur pays mais ils ont vécu pacifiquement et se sont maintenus avec leurs compatriotes musulmans sans difficultés à travers les siècles.

Le cas de l'Afrique du Nord est exceptionnel. L'Eglise avait subi l'emprise des vandales qui, pénétrant au Maghreb en 429, imposaient, 10 ans plus tard, le Royaume de Carthage. Une date est symbolique. Augustin, un des théologiens les plus importants de toute l'histoire, mourait en 430 dans la ville d'Hippone (aujourd'hui Annaba) où il avait été évêque, au moment même où les Vandales en faisaient le siège. Ces derniers véhiculaient une idéologie particulièrement vivace : l'arianisme. Il s'agissait d'une hérésie concernant Jésus. Les Ariens considéraient que la divinité du fils de Marie était inférieure à celle du Père. Lorsqu'en 647 l'islam s'implanta au Maghreb, les esprits étaient préparés à recevoir le message du Coran dont les propos sur Jésus sont assez proches de ceux qu'avaient reçus les disciples d'Arius.

Quant à la question de savoir si l'islam est une menace pour la culture européenne mieux vaut s'interroger sur la façon de faire en sorte que notre pays soit accueillant à ceux qui, frappant à notre porte, n'ont rien de conquérant et qu'avec eux ils fassent advenir une société ouverte.


L'islam veut s'imposer dans la laïcité
d'un chrétien à un musulman



Après avoir troublé la société française avec le voile des femmes, voici que les musulmans exigent qu'on serve, dans les écoles, des repas hallal. Ce harcèlement n'est-il pas l'indice que l'islam veut imposer, dans notre société laïque, sa culture et sa vision du monde ? Ne peut-on dire que la laïcité est en danger ?

Lorsque des parents font une demande de repas hallal pour les enfants, ils rencontrent des enseignants, des associations de parents d'élèves, des élus. Des négociations s'ébauchent, la parole circule, des accommodements sont décidés. Autrement dit la démocratie fonctionne. Les parents musulmans ont-ils tort ou ont-ils raison ? La question se discute et la décision finale n'est pas inscrite dans une loi qui se prétend l'expression de la volonté de Dieu. Il faut reconnaître que de telles demandes sont inédites ; elles modifient des évidences mais loin d'être une menace pour la laïcité, elles relancent la question de savoir comment celle-ci, conçue pour s'ajuster à la présence chrétienne ou juive, peut s'adapter à la deuxième religion de France.

La question des repas hallal dans les écoles est d'un autre ordre que celle qui a été réglée sans concertation par les restaurants Quick. Pour attirer une clientèle musulmane importante dans l'environnement, on y sert des repas hallal. Il s'agit d'un calcul financier. L'argent y prend la place de la parole ! Cette démarche nous semble assez malsaine.

Que la laïcité soit à l'épreuve, c'est une évidence. Qu'elle soit en danger, nous ne le pensons pas. La pluralité des religions dans la société appelle à la réflexion. C'est la raison pour laquelle nous organisons la rencontre du 10 avril : « Religions dans la ville et laïcité. Comment vivre ensemble?»


Une vague d'islamisation
d'un chrétien à un musulman



L'immigration a pour conséquence l'implantation de l'islam en France et, en même temps, l'asservissement de la femme. Voici une vingtaine d'années, des jeunes filles portaient le voile; aujourd'hui on voit des femmes portant la burqa. Comment endiguer cette vague d'islamisation?

La question du voile islamique est tout autre que celle de la burqa. Cette dernière n'a rien à voir avec la première et elle n'est pas liée à l'immigration; peu d'Afghans ont immigré en France. Il est par ailleurs difficile de parler de « vague d'islamisation » alors qu'il s'agit de 367 personnes, c'est-à-dire 0,0005% de la population. Il faut noter qu'un nombre non négligeable de ces femmes est composé d'européennes converties à un islam que l'ensemble des musulmans de France réprouve. Parlons de situations aberrantes qui n'ont rien à voir avec le voile islamique. Certes, la situation de la femme en milieu taliban est déplorable et il est regrettable que quelques énergumènes s'y laissent prendre. Est-ce plus inquiétant que le nombre de personnes qui vouent un culte au nazisme et au Führer? De tels comportements relèvent de la psychiatrie.

Cette question laisse apparaître des inquiétudes à propos de l'immigration. Pour notre part, nous nous désolidarisons de cette attitude. Toutes nos sociétés connaissent une profonde mutation et l'arrivée de personnes étrangères à l'Europe peut être une chance. Le pluralisme est inévitable et, entre les diverses cultures qui se côtoient, un chemin est à inventer. La méfiance et la peur ne peuvent qu'engendrer de la violence. En revanche l'accueil des différentes cultures dont sont porteurs les immigrés que la France ne refoule pas ne peut qu'aboutir à un surcroît de civilisation. Nous parlons d'expérience!

Quant à la pratique du voile islamique, elle a été étudiée avec attention dans notre pays et elle fait l'objet d'une législation sur laquelle, pour l'instant, il ne semble pas opportun de revenir.


Islamophobie ou philosémitisme ?
d'un chrétien arabe à l'Eglise de France



Le Président de la Commission doctrinale des Evêques de France, Monseigneur CARRE, a publié un texte intitulé « Comment chrétiens et musulmans parlent-ils de Dieu? » Il souligne les divergences entre les énoncés de la foi chrétienne et ceux de la foi musulmane. Ils ne font pas la même démarche à l'égard du judaïsme. Est-ce parce qu'ils ont peur de déplaire aux Juifs de France qui risqueraient d'y voir une contestation de type antisioniste, voire antisémite?

Nous ne connaissons pas de propos épiscopal récent manifestant une quelconque prudence par rapport à ce sujet. Soulignons que le texte commence en mentionnant le judaïsme comme religion monothéiste tout autant que le christianisme et l'islam. Il reste vrai que certaines interprétations de la Bible concernant la terre d'Israël sont parfois tendancieuses et peuvent donner prise à la polémique.

Ce texte que certains considèrent comme une mise en garde, vise peut-être à rassurer une partie des chrétiens de France. Il n'est pas rare que des baptisés aient peur de la rencontre de l'islam; à ceux-là, le texte apporte quelques garanties.

Il était bon aussi d'aider les chrétiens ouverts au dialogue avec l'islam à ne pas céder à la tentation du syncrétisme. Ce texte peut également éclairer les musulmans sur les convictions de leurs partenaires chrétiens.


Mixité à l'hôpital
d'un chrétien à un musulman



La cour administrative d'appel de Lyon a confirmé le 10 juin le rejet de la requête de parents, qui demandaient réparation des préjudices subis par eux et leur fils, aujourd'hui âgé de 9 ans, handicapé à 100 % à la suite d'un accouchement difficile. Dans son arrêt la cour estime que « l'état de l'enfant était totalement imputable à l'attitude des parents ». De fait, lors de sa naissance, dès les premières complications, le père « invoquant ses convictions musulmanes s'était physiquement opposé à toute présence masculine dans la salle d'accouchement, notamment des médecins obstétriciens et anesthésistes ». On croit rêver ! Au 21° siècle  ! Outre le rejet de la demande, la cour a condamné les parents à verser une somme de 1.000 euros au Centre hospitalier pour les frais et les dépens. Une saine justice, qui devrait faire réfléchir. L'idéologie intégriste de certains musulmans est-elle en rapport avec l'enseignement du Coran ? Il ne me semble pas. Qu'en pensez-vous ?

Rien dans le Coran ni dans la tradition, à notre connaissance, n'interdit qu'un homme médecin soigne une femme !


Chrétiens en Algérie
d'un chrétien à un musulman



A propos des procès iniques en Algérie dont les chrétiens, et en partie les catholiques, font injustement les frais, Christian Delorme (Le Monde du 3 juin 08) semble écarter la liberté religieuse au profit de l'islamité algérienne. Cela vous semble-t-il tolérable ?

Réponse de l'équipe de rédaction :

Christian a soulevé, par ses propos, des questions grosses comme des montagnes : donnons-nous du temps pour les aborder.

En tout cas, il est loin de mépriser la liberté religieuse ; il qualifie de «  révoltantes » les situations faites récemment aux chrétiens et les condamnations portées contre eux. Il dit explicitement : « On ne peut que défendre le droit de chaque individu à aller librement vers la liberté de son choix ».
Ceci dit, le texte de Christian tente de faire entendre les motivations du gouvernement algérien ; celui-ci voit, à tort ou à raison, dans le prosélytisme de certains courants, une stratégie américaine visant à créer une communauté chrétienne dans le pays pouvant servir de prétexte ultérieurement à des interventions militaires.

Pour notre part, devant ces événements, chrétiens et musulmans de « La Maison islamochrétienne » nous nous voulons solidaires de cette Eglise qui a voulu faire corps avec l'Algérie et qui en sort douloureusement éprouvée. Par ailleurs, nous sommes attentifs aux peurs de ce pays. L'image du chrétien se confond encore avec celle de l'Occident colonisateur. Nous misons sur le dialogue, ici en France. Le dialogue franc et lucide, sans occulter le passé, contribue à apaiser les mémoires.

Précisons que l'épiscopat français a pris ses distances par rapport aux positions de Christian.


Chrétiens en pays musulmans
d'un chrétien à un musulman



Les chrétiens vivant dans les pays à majorité musulmane sont de moins en moins tolérés par leurs compatriotes musulmans. Comment expliquez-vous les comportements discriminatoires dont ils font les frais ?

Le Coran a toujours prôné la liberté de conscience. « Si Dieu l'avait voulu, il aurait fait de vous une seule communauté. » Dans les pays arabes, chrétiens et musulmans, pendant des siècles, ont vécu au coude à coude. L'Occident a bousculé cet équilibre : la colonisation, la création d'Israël, l'impérialisme américain ont empêché le monde arabe de se développer et d'entrer dans la modernité en demeurant fidèle à ses traditions culturelles et religieuses. Les musulmans comme les chrétiens sont, les uns et les autres, emportés dans un même mouvement de désintégration. Comment sortir du naufrage ? Telle est la vraie question. Toujours est-il que les musulmans de la maison islamo chrétienne partagent la souffrance des baptisés vivant en terre d'islam. Ils voient dans leur situation une raison supplémentaire de renforcer le dialogue islamo chrétien en France.


Pourquoi n'y a-t-il pas d'église en Arabie Saoudite?
d'un chrétien à un musulman



Pourquoi les musulmans de France réclament-ils des mosquées alors que la construction d'églises est interdite en Arabie Saoudite ?

La question est mal posée. Mieux vaudrait dire : « pourquoi les musulmans n'auraient pas de mosquées en France puisque, depuis toujours et jusqu'à maintenant, les chrétiens ont eu des églises dans tous les pays musulmans, à l'exception de l'Arabie Saoudite ? »

Ceci dit, un musulman de bonne foi ne peut pas comprendre le refus de l'Arabie saoudite. Il est bien évident que les chrétiens d'origine philippine ont le droit de célébrer leur culte. On nous dit que l'Arabie est une terre sainte et qu'il ne peut pas y voir de place pour une autre religion. L'argument vaut peut-être pour La Mecque et Médine mais non pour le reste de la Péninsule. Il y avait des églises en Arabie au temps du Prophète ; jamais il n'a demandé leur destruction.

Le refus saoudien n'engage pas l'Islam. Libre à chacun de juger comme il veut la politique de l'Arabie Saoudite en la matière. Les musulmans de « La Maison » comprennent la solidarité des chrétiens de France avec les chrétiens immigrés en Arabie Saoudite


Benoît XVI à Ratisbonne
d'un musulman à un chrétien



Benoît XVI, a prononcé à Ratisbonne des propos que les musulmans du monde entier considèrent comme insultants. Quelle idée politique le pape avait-il dans la tête en faisant cette conférence ?

A coup sûr Benoît XVI n'était pas conscient que le monde musulman serait blessé par sa conférence à des théologiens. Il faut reconnaître les maladresses et les erreurs de ce discours. Il est vrai qu'il n'avait pas besoin de recourir à l'islam pour développer sa pensée. Il est vrai que Benoît XVI ne semble pas connaître l'histoire de la culture musulmane : il oublie que l'islam a transmis à l'Occident la pensée grecque. Il semble ignorer la place de la raison dans l'oeuvre des penseurs musulmans. Ibn Rush (Averroès) allait jusqu'à dire que la vérité découverte par la raison ne pouvait contredire la vérité révélée. Le plus regrettable tient dans cette citation où la prédication du Prophète est associée à la violence : « il a prescrit que la foi qu'il prêchait, il fallait la répandre par le glaive »)

Le pape s'est expliqué. Il n'avait pas conscience qu'en se référant à un auteur du 14ème siècle, les musulmans d'aujourd'hui y verraient une allusion à l'Islam contemporain. La Maison islamo Chrétienne partage la tristesse de tous ceux qui se sont sentis offensés. Leur confiance dans les possibilités du dialogue n'en est pas ébranlée. Rien ne pourra effacer - le pape lui-même l'a rappelé - les paroles de Vatican II : « L'Eglise regarde avec estime les musulmans qui adorent le Dieu Un, vivant et subsistant, créateur du ciel et de la terre, qui a parlé aux hommes ».


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