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A Birzeit, les réunions de jeunes filles et de femmes dans un appartement loué à cet effet se passent très bien;
l'endroit devient un point de rencontre pour elles. Entretiens, conseils, possibilités d'apprentissage
et d'échange favorisent les contacts et l'initiative personnelle. Elles s'y sentent protégées et en confiance,
partie prenante du projet; elles participent aux activités communautaires et saisissent la chance de se former et de se cultiver.
Entre-temps, nous avons organisé deux cours d'informatique. Quatre ordinateurs sont à disposition pour s'exercer.
Celles qui suivent un séminaire y ont accès chaque jour. Sous la direction de trois étudiantes,
elles se familiarisent avec cet outil et se connectent à internet,
ce qui leur permet de rester en contact permanent avec leurs familles à l'étranger.
Leur joie est très grande, en particulier lorsqu'elles découvrent qu'elles sont capables d'apprendre
et qu'elles se sentent reliées au monde d'aujourd'hui.
Beaucoup d'écolières utilisent internet pour leurs devoirs et ne peuvent avoir un accès gratuit qu'ici.
Toutes ont donc la possibilité d'y accéder, même celles qui ont très peu d'argent.
Outre les deux groupes de femmes et les deux groupes de jeunes filles à Birzeit et environs,
nous avons pu créer un nouveau groupe de femmes dans le village de Deir Ibsi' près de Ramallah.
Ce groupe avait fait une demande d'aide au Global Fund for Women aux Etats-Unis.
On m'a demandé de m'occuper de ce groupe.
Lorsque je leur ai rendu visite, j'ai trouvé 30 femmes qui attendaient avec impatience
que quelqu'un les écoute et les aide à créer une association féminine.
Je me suis sentie concernée et nous avons tenu 12 séminaires en trois mois.
Deux de ses femmes venaient d'être nommées au conseil municipal et avaient d'urgence besoin
de conseils et d'exercice pour mener à bien leur tâche.
Nos séminaires ont été conçus de manière à ce que toutes les participantes apprennent d'abord
la communication non violente et le dialogue, ce qui les fortifie intérieurement.
Nous leur apprenons ensuite comment présenter un thème important pour le village et créer un lobby en sa faveur.
Le groupe tout entier est devenu un lobby pour les deux élues, participant à leur réflexion
et les soutenant dans leurs responsabilités. Nous créons une culture de la paix.
Nous discutons intensément de questions politiques, sociales et religieuses et examinons souvent notre tradition et nos coutumes à la loupe.
Ce qui est bon mais fermement, de le changer. Cette organisation féminine est maintenant
officiellement enregistrée et toutes les femmes amènent leurs filles.
Elles ont pris l'initiative de cultiver des champs avec du blé, d'autres avec des légumes,
pour contribuer financièrement à la construction d'un laboratoire pour l'école.
A la suite de notre séminaire sur la nutrition et l'environnement, elles ont transformé le kiosque scolaire;
elles en ont retiré les denrées contenant des colorants et les sucreries et réintroduit le «sandwich de chez soi».
A la place du Coca et du Sprite, il n'y a plus que de l'eau et des limonades maison.
C'est une très belle expérience et je suis touchée et réconfortée par la force et la volonté de ces femmes.
En ce moment, début septembre, c'est la rentrée scolaire. Toutes les écoles officielles sont en grève,
les fonctionnaires n'ayant pas reçu de salaire depuis sept mois.
Le gouvernement n'a pas d'argent; il est bloqué car l'Europe et les autres pays ne donnent plus guère d'argent à la Palestine.
Ils veulent faire tomber le régime. C'est la population qui en subit les dommages et la société se dégrade de plus en plus.
Je me bats pour obtenir l'autorisation d'entrer à Jérusalem.
Mes séminaires d'éducation à la paix pourraient ainsi démarrer là-bas aussi
et le voyage jusqu'à Talitha Kumi par Jérusalem me ferait gagner au moins trois heures. Ce serait magnifique.
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