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Le point de vue de Ghazi Hidouci Le point de vue deMohammed Benali
Pour respecter la Sharia qui interdit le prêt à intérêt, |
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![]() Comment fonctionnent les banques islamiques ?
Je ne crois pas du tout aux banques islamiques. Elles font marcher le système!
Les banques islamiques disent : « Nous ne faisons pas d'usure, nous faisons un service financier normal.
Ca devrait être bon; sauf quelles disent : « nous ne prêtons qu'aux riches! »
«Et comment faites-vous votre affaire tout seul ? Et si vous perdez votre argent?»
Eh bien, on ne perd pas son argent! Parce qu'on va prendre des hypothèques sur la mauvaise affaire.
On va dire à celui avec qui on s'est associé, « je vais vous prendre des hypothèques sur un bien que vous possédez,
par exemple votre maison ». Donc les banquiers ne sont jamais perdants. Mais pour moi, ils n'ont rien d'islamique, rien de religieux.
Et ces banques gagnent beaucoup d'argent parce qu'elles ont fini par ne faire que de l'immobilier, à Abou Dhabi ou ailleurs.
«Si moi j'arrive dans une banque islamique et que je leur demande de me donner de l'argent,
Si tu n'as que la maison que tu vas acheter et rien d'autre, alors ils ne te donnent rien.
Ils ne donnent pas aux pauvres. C'est pour cela que je dis qu'ils ne prêtent qu'aux riches.
Ils sont restés dans un système capitaliste avec des taux de rendement de 15% comme les autres.
En plus, ils demandent maintenant de bénéficier des crédits peu chers dans le système normal, c'est-à-dire de spéculer sur l'argent,
d'emprunter à 3% à la Banque Centrale.
«Et si moi, en bonne musulmane,
Tu ne touches rien et la banque islamique va utiliser ton argent comme n'importe quelle autre banque.
C'est ça leur truc. Le truc c'est de toucher cet argent, parce que beaucoup de musulmans disent : « Il ne faut pas toucher d'intérêts.
Dans une banque islamique je suis tranquille. » Il met 100 et il reprend 100. L'art de vendre du vide ! ![]() |
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![]() La vente à terme
Pour comprendre le système des banques islamiques, il faut d'abord parler de « la vente à terme » :
Tu as besoin d'une maison ; elle vaut 10000 euros. Je te l'achète et tu me rembourseras en 20 ans la somme de 13000 euros.
On se met d'accord sur un prix. Ce n'est pas un prêt à intérêt ; on ne prête pas à taux fixe. C'est du commerce.
Prêter à intérêt consiste à miser sur l'avenir. Ce n'est pas la même situation que dans le cas des banques islamiques où
l'on se met d'accord sur un prix. Dans les banques, le taux change et je ne sais pas combien j'aurai payé dans 15 ans.
En revanche, dans les banques islamiques, la maison est achetée par la banque et revendue avec un bénéfice.
Ils n'ont pas besoin d'hypothèque puisqu'ils possèdent la maison en garantie.
On ne vend pas l'argent
Dans le système occidental, la banque donne l'argent et le notaire donne les papiers de la maison en garantie.
La banque n'achète rien et ne vend rien. Dans le système islamique, c'est la banque qui achète. Elle revend avec un bénéfice !
C'est du commerce. Ce bénéfice à percevoir est étalé sur 20 ans. Quand une banque, dans le système occidental,
apporte de l'argent, elle fait du bénéfice sur l'argent. On ne vend pas l'argent ; on vend un bien. L'interdiction de l'islam
c'est de vendre ou d'acheter l'argent. Mais on peut faire du commerce : vendre un bien et faire un bénéfice sur la vente.
La participation ou le partenaria
Pour comprendre les banques islamiques, il faut aussi parler de « la participation » :
Quelqu'un a un projet; il fait un plan de financement. Il crée une structure juridique et il lui faut 150 000 euros.
Il n'a que 40% du financement ; la banque islamique apporte 60%. On appelle cela « participation » ou « partenariat ».
Là, le risque est pris. Quand on crée une société, on fait des parts ; sur cent parts, la banque en possède 60.
La banque islamique garde les parts dans la société. Elle reste propriétaire des parts de la société juridique.
Les banques islamiques font de l'argent comme les autres mais elles ont rusé pour éviter le système des intérêts.
En Arabie Saoudite,100% des sociétés sont financées par des banques islamiques. Les comptes d'épargne à participation
Parlons enfin des « comptes d'épargne » : les banques islamiques ne font pas de comptes d'épargne.
Ils font des comptes d'épargne à participation. Ils t'incitent à participer sur un projet.
On prend ton argent pour l'investir. A la fin de l'année la banque te présente le bilan de la société.
Ce sont des « actions » : elles sont permises dans le système islamique. Mais on a l'assurance qu'elles
ne sont pas investies dans l'armement ou dans une entreprise dont la finalité est immorale.
On est associé à un projet dont on ne sait s'il va ou non me rapporter quelque chose. ![]() ![]() |