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Du Mali à la région parisienne Omar et Caroline : le risque d'une blessure L'aventure de Sanaa et Jean-Baptiste |
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Deux grands-parents heureux ! En racontant l'histoire d'amour de leur fils, Mon rôle de père
Le père : La décision d'un voyage
La mère : La coutume le veut
Le père : Un moment extraordinaire
Pendant ce court séjour, je vécus un moment extraordinaire qui, aujourd'hui encore m'incite à une réflexion profonde sur notre culture, que l'on veut supérieure et normative.
Alors âgé de plus de 60 ans, à l'époque, venant d'un pays réputé civilisé, j'ai dû 'aider' ma future bru dans une rédaction, une dissertation, sur 'le bon sauvage de Rousseau' !
J'étais mal à l'aise. 1er choc. Célébrer la joie
La mère : Le retour et l'installation du jeune couple
Le père : Elle attend un premier enfant
La mère : Le risque de la méfiance
Le père : Avoir un peu d'humour
Le père : ![]() Carton Adrian Frutiger - Atelier mes-tissages |
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![]() Carton Adrian Frutiger - Atelier mes-tissages
Rien ne sert de le cacher. "Je me sentais en grande confiance"
Je l'avais connu par hasard chez une amie qui fêtait son anniversaire. Quand je suis sortie pour retourner chez moi, il m'a proposé de me raccompagner ; il a été très correct avec
moi. J'ai appris qu'il était marocain. Il avait vingt-six ans. Depuis six mois, il avait quitté Casablanca où il avait fait ses études. Pour que ses diplômes d'enseignant soient
validés ici, il fallait qu'il puisse justifier de deux ans de travail en France. En attendant mieux, il travaillait comme gardien de nuit. "Se marier à l'église"
Lorsqu'il m'a demandée en mariage, je lui ai dit : « D'accord mais à condition qu'on puisse se marier à l'église ». Je suis allée raconter mon histoire au prêtre, dans ma paroisse;
je l'ai senti réticent et il m'a orientée vers un de ses confrères connaissant bien l'islam. Nous l'avons rencontré tous les deux, cinq ou six fois. Omar était heureux parce qu'il
avait devant lui quelqu'un capable de répondre à ses objections sur la Trinité ou sur Jésus, Fils de Dieu. Il était surtout content parce qu'ils ont abordé le problème de la
Palestine ; le prêtre était d'accord avec lui pour dénoncer les injustices faites aux arabes dans la région. Il a été soulagé parce qu'il croyait que tous les chrétiens étaient
sionistes. "Omar a tout approuvé"
Le prêtre nous a expliqué les conditions à respecter pour que nous puissions nous marier : Omar a tout approuvé. On nous a proposé d'aller voir un imam pour qu'il m'explique ce que
l'islam pense du mariage mais Omar a refusé. "J'ai craqué"
On a pu avoir assez vite un appartement de deux pièces et, là, tout s'est vite gâté. D'abord ses horaires ont changé ; je ne savais plus à quelle heure il fallait l'attendre. Il
s'est mis à prier ; il faisait ses ablutions, se retirait dans la chambre et faisait ses prosternations : je ne le reconnaissais plus. Les repas sont devenus une corvée pour moi.
J'évitais soigneusement de lui servir du porc et pourtant la viande que je préparais pour lui n'était jamais bonne. Il disait que c'était un péché d'en manger. Pour m'expliquer ses
absences, il m'a avoué qu'il allait à la mosquée voisine. On lui a fait subir, je crois, un véritable lavage de cerveau. ![]() Carton Adrian Frutiger - Atelier mes-tissages |
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"Pendant ma dernière année universitaire"
Nous nous sommes rencontrés pendant ma dernière année universitaire, à l'occasion de l'accueil de la nouvelle promotion le 13 septembre 2001. C'est ce jour où une petite étincelle
d'Amour nous a été confiée par Dieu. L'accumulation de questions sans réponses
Dans cette même période, pour ma part, la peur de l'engagement, et de s'engager sans même connaître ma future belle famille me faisait douter, d'autant plus que Sanaa me présentait
un tableau plutôt noir quant à l'acceptation de ma présence dans sa famille. Cette peur de Sanaa vis-à-vis de son père a peut être ses raisons dans tout ce qui a trait aux tabous des
relations amoureuses en particulier pour les jeunes filles. Par ailleurs, Sanaa voulait être sûre de mes sentiments envers elle afin qu'elle ne se retrouve pas dans une situation
délicate vis-à-vis de son père. Pour elle, la peur du jugement de son père et de son grand frère lui imposait un choix qui ne pouvait être que le bon. Pour moi, l'essentiel était que
ma famille proche accepte Sanaa. "Au-delà de tous les préjugés"
Alors après une profonde réflexion de chacun et un cheminement personnel, notre relation a pris un nouveau départ. Réaliser l' « aventure » de notre vie, l'amour au-delà de tous les
préjugés. C'est à cette période que j'ai personnellement recherché l'aide d'un prêtre en charge des relations islamo-chrétiennes. J'ai alors rencontré le Père N. avec qui j'ai
beaucoup échangé évoquant mon choix de mariage avec Sanaa, les points communs, les différences de nos religions et les difficultés pour vivre notre foi en tant que couple mixte ceci
probablement afin d'éprouver mes sentiments à l'égard de Sanaa. Il a ensuite su accueillir Sanaa toujours en respectant sa foi et en essayant de nous accompagner dans notre choix.
Grâce à lui, nous avons pu rencontrer aussi un autre couple mixte qui a traversé les mêmes difficultés ce qui a contribué à nous démontrer que notre choix était possible. "La nouvelle a été annoncée"
J'ai ensuite annoncé avec Sanaa cette heureuse nouvelle à mes parents qui nous ont tout de suite soutenus, connaissant Sanaa. Après la première rencontre de son frère, pour Sanaa,
la peur de l'annonce à son père a été si grande qu'elle a préféré passer par une tante qui avait connu ce genre de situation avec sa propre fille. Sanaa a ensuite pu annoncer la
nouvelle à son père qui a été très heureux mais un peu déçu que sa fille ait eu peur de lui annoncer directement. Sanaa a finalement annoncé l'intention de se fiancer à sa mère qui
en a été très très heureuse. "Nous sommes très heureux"
Nous avons pu nous fiancer en juin 2004 et cet événement a été l'occasion de rencontrer la belle famille et de faire se rencontrer les parents respectifs. Les échanges ont été très
chaleureux et profondément humains. Ceci était probablement dû aux difficultés de santé qu'ont rencontrées les parents de Sanaa. Mes parents ont été aussi très compréhensifs et
nous ont toujours soutenus à chaque étape. Ses parents ont su m'accepter comme je suis avec ma foi comme les miens avec Sanaa. Nous nous sommes mariés à la fin de l'été,
le 27 août 2004. ![]() Carton Adrian Frutiger - Atelier mes-tissages |