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Fausses questions !
Nous entendons souvent des questions du type « l'islam est-il contre ceci ? », « l'islam veut-il cela ? » ou « que pense l'islam de telle ou telle chose ? ».
Bien que légitimées par la curiosité et l'esprit de découverte qu'elles supposent, ces questions posent, dans leur mode même de formulation, deux types de problèmes.
D'une part, elles laissent entendre que l'islam serait, en lui-même, une entité capable de « vouloir » ou de « penser », indépendamment même des hommes et des événements qui en ont façonné
l'histoire. D'autre part, elles supposent qu'il existerait un islam unique et homogène, qui serait le même en dépit des différences de régions et de périodes.
Formulées ainsi, ces questions laissent donc penser que l'islam aurait une pure existence en soi, indépendamment de la multiplicité de ses formes. Ne faisant pas assez la différence
entre l'islam comme religion divine révélée à Muhammad et l'islam comme civilisation, l'opinion publique a tendance à voir l'islam comme un bloc monolithique purifié de toute
multiplicité.
L'islam ne peut « vouloir » ceci ou « être » contre cela car il ne s'agit justement pas d'un individu ayant une conscience et une volonté propre. Il faudrait donc se demander qui est
précisément en train de vouloir lorsque nous disons que l'islam veut ceci, de demander qui est au juste contre ce qu'on présente comme contraire à l'essence de l'islam.
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