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Pour les responsables, le Ramadan est une tâche importante et lourde.
Cette année, le Ramadan va se vivre sous un immense chapiteau que nous prête la Mairie
et qu'on va dresser sur les lieux où la Grande Mosquée sera construite.
Il sera ouvert toute la journée ; c'est là que beaucoup viennent pour l'Iftar, c'est-à-dire pour la rupture du jeûne.
Ce moment est important. Des familles apportent viande, couscous, gâteaux, boissons ;
tous, riches ou pauvres, mangent à la même table. Ceux qui ne peuvent rien apporter ont leur place comme tous les autres.
Cette année, nous faisons venir du Maroc, un spécialiste du Tajouid, c'est-à-dire de la psalmodie du Coran.
Cela risque de nous attirer beaucoup de fidèles qu'il faudra accueillir.
Nous organisons tous les jours des conférences théologiques sous le chapiteau, entre la prière du Maghreb et la prière d'Icha.
Il faut apporter une nourriture intellectuelle aux fidèles dont la foi n'est pas toujours éduquée comme il convient.
Je considère que les trente jours du Ramadan sont l'occasion d'imprégner les musulmans d'une spiritualité
qui les aidera à vivre jusqu'au Ramadan suivant.
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Mohammed BENALI (à gauche) accueille devant le chapiteau
qui sert de mosquée pendant le Ramadan.
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Une prière sur l'emplacement de la future mosquée.
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Les Week End sont l'occasion d'inviter des amis et des personnalités.
Nous allons aussi, cette année, organiser une journée spéciale autour des seniors.
L'emplacement où sera construite la future mosquée est entouré de trois foyers de travailleurs occupés par des anciens.
Nous nous devons de les honorer : le Ramadan est une période d'épreuve pour les personnes isolées ; ce sont nos voisins !
Après la prière d'Icha vient le temps du Taraouih.
Le mot vient d'une racine qui signifie «se reposer».
On se repose en Dieu et sur Dieu dont nous écoutons la parole.
Le Coran est divisé en 60 parties (hizb) ; l'Imam en lit deux chaque soir :
cela prend une heure et demie. A la fin du Ramadan chacun aura entendu en entier la parole de Dieu.
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Tous les jours des réunions sont à organiser. Quarante bénévoles animent ce mois de prière ;
il faut coordonner les efforts.
Trois commissions sont à l'oeuvre ; la première assure la sécurité.
La deuxième s'occupe des conférences et des invitations ; la dernière prend en charge la bonne tenue des repas.
Les trois derniers jours, on récolte la zakat ;
il s'agit d'une sorte d'impôt fixé chaque année pour tous les musulmans qui ont des revenus.
C'est une manière de dire que nous avons des dettes envers Dieu et que nous voulons les rembourser.
C'est aussi pour que les pauvres, le jour de l'Aïd, puissent faire la fête comme les riches.
Pendant tout le Ramadan on demande aux fidèles d'inscrire le nom de personnes démunies qu'ils connaissent.
On ne demande pas aux bénéficiaires de s'inscrire eux-mêmes ; ce serait les réduire à la mendicité.
Chaque personne inscrite, l'an dernier, a pu recevoir la somme de 200 euros .
Parmi les inscrits, nous donnons la priorité aux « sans papiers » qui n'ont pas de travail et aux étudiants qui n'ont pas de bourse.
Les musulmans seront très sollicités financièrement, cette année à Gennevilliers.
Nous avons à trouver la somme nécessaire pour commencer les travaux de la construction :
nous comptons sur la solidarité de tous pour bâtir un Islam ajusté à la situation française.
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Emplacement de la nouvelle mosquée.
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Maquette de la nouvelle mosquée.
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Tout cela est assez dur. Je ne peux pas abandonner mon métier.
Je pars tôt le matin et je m'arrange pour rompre le jeûne une fois sur deux en famille
mais il faut être présent le plus possible à la Mosquée. Mon épouse y sera le plus souvent avec moi, le soir.
Je serai en famille un peu chaque matin avant de partir au boulot : je suis cadre commercial.
Je ne peux quitter mon travail.
Je dois aussi m'occuper de mes enfants. Mon aîné a six ans et demi ;
je le prends quand je peux pour qu'il prie avec moi et je lui apprends à faire ses ablutions.
Il comprend que le Ramadan n'est pas un mois comme les autres. Il voudrait commencer à jeûner.
Je lui conseille d'étaler son jeûne sur deux jours.
« Le premier jour, tu restes à jeun jusqu'à midi, le deuxième jour à partir de midi ! Et ça marche ! ».
Le samedi soir, souvent, des enfants viennent à la mosquée.
Bien sûr, le jour de l'Aïd, ils n'iront pas à l'école et ils seront à la grande prière du matin, sous le chapiteau !
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