En France


1-Le départ de l'Abbé Pierre

2-La campagne présidentielle


1-Le départ de l'abbé Pierre

L'Abbé Pierre avait des yeux pour voir.
Il a reconnu, en pleine nuit, cette femme morte de froid, boulevard Sébastopol.
L'Abbé Pierre avait des lèvres pour parler ;
son appel sur Radio Luxembourg, le 1er février 54, permettait que le soir même, les sans-abri trouvent un peu de chaleur pour survivre.

« Emmaüs » : sait-on assez que ce mot, attaché à son oeuvre, est un emprunt direct à l'Evangile : l'Abbé Pierre est un homme de l'Evangile !
Sans autre appui que le message de Jésus, il a changé le regard de ses contemporains ; il a ouvert les yeux des responsables et donné un peu d'espoir aux exclus.

En s'éteignant, sa vie se transforme en message.
L'homme est plus fort qu'on ne croit : « Calife de Dieu », dit le Coran.
L'homme peut changer le monde,
le transformer pour qu'il devienne la maison où chacun ait sa place. Le message est à recevoir ; à notre tour ouvrons nos yeux et nos lèvres ; sachons voir et parler. Sachons mettre la main à la pâte


 


2-La campagne présidentielle

  Les candidats aux futures élections présidentielles commencent à s'adresser à leurs électeurs. Dans le cadre de la messe de rentrée des responsables politiques, le mardi 10 octobre, l'archevêque de Paris, Mgr Vingt-Trois s'est permis de rappeler quelques principes moraux. Voici quelques extraits d'un texte qu'il conviendrait de lire en entier.

« Les promesses mirobolantes n'abusent personne et ont plutôt pour effet de décrédibiliser ceux qui les font.

Mais les électeurs sont en droit de demander plus encore à ceux qui espèrent leurs voix. Ils doivent connaître, et clairement, leurs convictions sur une certain nombre de questions fondamentales pour l'avenir de l'espèce humaine et pour le respect de la dignité humaine dans notre pays ? Quels moyens vont-ils mettre en oeuvre pour une meilleure intégration de la jeunesse et son accession au travail ? Comment envisagent-ils de gérer l'évolution démographique de notre société et le partage économique nécessaire qu'elle entraîne ?
En tout cas, la pire des réponses serait d'annoncer une conviction personnelle généreuse, apte à séduire un électorat bienveillant, mais qui serait abandonnée au nom des responsabilités du pouvoir...

La paix que le Christ promet, et qu'il donne effectivement, n'est pas la simple régulation sociale de la violence... Nous savons bien qu'il n'est au pouvoir d'aucun gouvernement d'apporter cette paix qui dépasse de loin les contraintes d'une légitime sécurité. Du moins cette promesse nous permet-elle de mesurer modestement les limites de la domination de la violence par la force de la loi républicaine& Cette sécurité imposée n'est que le premier degré d'une véritable paix sociale. La paix entre les citoyens ne peut se réduire à ce premier degré, elle nourrit une ambition plus haute : faire progresser les conditions favorables à une coexistence pacifique entre les membres du corps social. Ces conditions favorables sont d'abord, évidemment, le respect des convictions religieuses et culturelles particulières, à quoi doit contribuer une laïcité authentique. C'est aussi un investissement déterminé de la puissance publique dans une répartition équitable des ressources et des charges communes. C'est enfin la mise en oeuvre des moyens politiques pour le développement des corps intermédiaires qui contribuent à la création et au développement du tissu social : familles, associations, syndicats.