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Un personnage étrange?
Aux yeux de l'islam, le Pape est un personnage étrange. Aucun Chef d'Etat n'oserait se présenter affublé de pareils vêtements. Que représente cet homme vivant dans le palais sans
doute le plus luxueux de l'Europe? On comprendrait que, pendant les cérémonies, en tant que chef religieux, son habillement le distingue. Mais pourquoi ne le voit-on jamais semblable
aux autres vivants ? Comment comprendre que les personnalités politiques les plus en vue viennent le rencontrer au Vatican et que la plupart des pays entretiennent avec lui des
relations diplomatiques ? Les catholiques de France prétendent que l'Eglise n'est pas une force politique mais leur chef a des allures d'Empereur ! Comment croire, quand on voit
s'étaler la pompe pontificale, que pouvoir et religion, en christianisme, sont distingués ?
Il est bien vrai qu'en réalité, le rapport du monde chrétien au pouvoir politique n'est pas enfermé dans une formule définitive qui correspondrait à la volonté explicite de Jésus.
La personnalité du Pape, son rôle dans le cours des événements de notre temps, est un rappel vivant de l'histoire de l'Europe et des variations constantes du rapport entre la
papauté, la vie chrétienne et le pouvoir des Etats.
A en croire les Evangiles et les écritures chrétiennes, Jésus aurait structuré une toute première communauté constituée de douze hommes qu'on appelle « les apôtres ». Il aurait
désigné l'un d'entre eux comme leur responsable : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ». D'après les catholiques, les apôtres auraient transmis la charge
confiée par Jésus à des hommes qu'on appelle « les évêques » ; ceux-ci, de génération en génération, se sont considérés comme leurs successeurs. L'un d'entre eux a toujours exercé,
dans la tradition catholique, la fonction confiée à Pierre ; c'est lui que désigne le mot « pape ».
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