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Jean-Mohammed ABDELJALIL, 1904 -1979, un musulman devenu prêtre Abdelmajid-Jean-Marie DUCHEMIN, 1908 -1988, un prêtre devenu musulman |
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On ne peut parler de conversions sans évoquer deux cas particuliers :
![]() Dépasser la curiosité intellectuelle.
"Pour ceux qui ne me connaissent pas, je crois devoir me présenter. Je suis un Marocain, de la ville de Fès,
d'une famille pauvre et honorable, profondément religieuse, pieuse et exigeante sur la foi et les moeurs(...)
A l'âge de vingt-trois ans, durant mes études à la Sorbonne et après des recherches religieuses qui ont duré près de trois ans,
je me suis décidé à demander le baptême de l'Eglise catholique."
Premier contact
avec l'Evangile.
Le fin mot de l'histoire, c'est que le jeune homme avait pris pension chez une dame catholique pratiquante de Viroflay.
Reçu comme un membre de la famille, le jeune Marocain n'avait pas tardé à aborder le terrain religieux et à exprimer, avec virulence, son hostilité au christianisme.
Un jour, n'y tenant plus, la dame lui a dit : « vous n'y connaissez rien, vous n'avez même pas lu les textes, taisez-vous ! »
Piqué au vif, Mohammed se mit à lire les Evangiles.Il confie qu'il y sentit immédiatement un appel à dépasser son penchant pour la polémique :
Trois ans
de réflexion.
Trois ans d'études, trois ans pendant lesquels il sent autour de lui un faisceau de prières par lequel ces amis l'offrent et l'abandonnent à l'action de Dieu.
Finalement, convaincu que Dieu est bien là à lui faire signe, il demande le baptême en 1928.
Il devient franciscain en 1929, prêtre en 1935. L'année suivante, il est nommé professeur à l'Institut Catholique de Paris où il enseigne jusqu'en 1964.
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![]() Un prêtre hors du commun
L'abbé Jean-Marie Duchemin a été un prêtre hors du commun du diocèse de la Sarthe.
Pendant la deuxième guerre mondiale, sa renommée débordait les limites de la paroisse de Bernay-en-Champagne,
où il s'est abstenu de mettre une croix sur les tombes de deux prisonniers algériens fusillés par les Allemands.
Tout le diocèse a eu des échos de la réception qu'il organisa, en présence du Cardinal Grente et du préfet de la Sarthe,
en l'honneur d'un paroissien qui venait d'avoir son douzième enfant. C'est à lui qu'a pensé le Cardinal,
évêque du Mans et académicien, quand la duchesse des Cars lui a demandé un « prêtre intelligent et cultivé ».
Affecté au château de Saint-Symphorien, il a été le confesseur de la duchesse jusqu'à ce qu'un conflit autour d'une école libre
l'amène à soutenir les fermiers contre les châtelains. Ses souvenirs de cette période furent ravivés
quand je lui ai signalé la publication dans les années 1980 des carnets de l'abbé Mugnier, ce «confesseur des duchesses » de la fin du 19° siècle.
Avocat, prêtre ou antiquaire
Ne parler que de cet aspect de la vie du père Duchemin serait très réducteur.
« Dans mon jeune temps, je voulais être avocat, peintre ou antiquaire », disait-il.
« Après ma sortie du séminaire, j'ai fini par avoir les connaissances de ces trois professions ».
Il pouvait en effet reconnaître très facilement un faux canapé Louis XV.
Il a écrit de nombreuses pièces de théâtre pour venir en aide aux prisonniers de guerre.
Et il est devenu peintre, signant ses toiles « Dutou », comme Duchemin-Touchard, ce dernier patronyme étant celui de sa mère,
morte peu de temps après sa naissance en 1908 au Mans.
Il avait acquis les connaissances d'un avocat pour les besoins de son action en faveur de la réinsertion des jeunes délinquants. Avec l'aide du Coran
Il s'est engagé dans cette action après son départ en 1959 de Pezè-le-Robert pour s'installer au Mans.
En 1963, il s'est occupé d'un ancien sous-officier algérien dont le contrat d'engagement de 5 ans venait
d'expirer au camp d'Ovour, dans une forêt à 8 kms du Mans. Ce «rapatrié» était en train de sombrer dans l'alcoolisme.
S'apercevant qu'il avait appris le Coran par coeur, le père Duchemin, après avoir lu son bréviaire,
discutait tous les matins avec lui d'une sourate du Coran pour le sortir de sa déchéance, et l'aidait à surmonter ses remords,
car il finit par lui avouer qu'il avait torturé. « Mais sur ordre de mes supérieurs », précisait-il.
Aidé par des chefs d'entreprise catholiques, le père Duchemin réussit à trouver plusieurs emplois à cette victime morale de la guerre d'Algérie.
Avocat, prêtre ou antiquaire
Ne parler que de cet aspect de la vie du père Duchemin serait très réducteur.
« Dans mon jeune temps, je voulais être avocat, peintre ou antiquaire », disait-il.
« Après ma sortie du séminaire, j'ai fini par avoir les connaissances de ces trois professions ».
Il pouvait en effet reconnaître très facilement un faux canapé Louis XV. Il a écrit de nombreuses pièces de théâtre
pour venir en aide aux prisonniers de guerre. Et il est devenu peintre, signant ses toiles « Dutou »,
comme Duchemin-Touchard, ce dernier patronyme étant celui de sa mère, morte peu de temps après sa naissance en 1908 au Mans.
Il avait acquis les connaissances d'un avocat pour les besoins de son action en faveur de la réinsertion des jeunes délinquants. Quarante jours avec les Tabligh
Progressivement, l'action du père Duchemin s est orientée vers « les migrants », comme il disait.
En relisant régulièrement le Coran, il a tapé à la machine toute la traduction par Edouard Montet
(achetée en 1957 à la mosquée de Paris) selon un classement par thèmes. Il relisait ses livres de théologie du séminaire,
en même temps qu'il lisait sur l'islam, notamment sur le soufisme. En 1971, il réussit à convaincre Mgr Chevallier
(qui avait été son professeur au séminaire) d'affecter un terrain diocésain à la construction d'une mosquée dans son quartier de Pontlieue.
En 1976, l'évêque l'autorise à faire un voyage de 40 jours au Pakistan et en Afghanistan avec le Tabligh. ![]() ![]() |