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Maître Maurice BUTTIN a été longtemps Président du Comité France-Palestine.
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Le séjour politique
de Benoît XVI
en Terre-Sainte ![]() Maurice Buttin analyse essentiellement la dimension politique du voyage du Saint-Père en Israël et en Palestine, après ses trois journées en Jordanie, même si - il tient à le souligner - ce séjour était avant tout religieux : un pèlerinage et une visite pastorale aux chrétiens de Terre sainte. Hommage aux victimes juives Dès son arrivée à Tel Aviv, Benoît XVI, accueilli en chef d'Etat par le président Shimon Peres et le premier ministre Benyamin Netanyahou, a tenu à condamner fermement l'antisémitisme qui «continue de relever son visage répugnant dans de nombreuses parties du monde, ce qui est totalement inacceptable ». Et il a réaffirmé que l'Eglise se trouvera toujours aux côtés du peuple juif pour combattre ce fléau. L'après-midi, au mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, il a rendu hommage à la mémoire des millions de juifs disparus dans la Shoah et il a, en outre, rejeté tout négationnisme - en allusion à l'affaire Williamson. Pas de paix sans justice
A propos du conflit Israélo-palestinien, évoqué d'emblée à l'aéroport et repris lors
de sa visite de courtoise au président Shimon Peres, Benoît XVI a appelé les dirigeants
israéliens, pour le moins surpris, à l'urgence d'un processus de paix. Il a certes évoqué
la «sécurité », l'obsession quotidienne des Israéliens, mais il a bien précisé que l'on
ne l'obtient qu'en assurant la justice, qui est à la base de la paix. Ainsi,
se présentant en « pèlerin de la paix », il a demandé la poursuite de négociations
pour la recherche d'une juste solution de façon « que les deux peuples puissent vivre
en paix dans leur pays respectif à l'intérieur de frontières sûres et internationalement reconnues »,
ce d'ailleurs en conformité avec la politique traditionnelle du Vatican soutenant la création d'un Etat palestinien. Après Israël, la Palestine.
Le pape s'est rendu à Bethléem, où il a été accueilli sur l'esplanade du palais présidentiel par Mahmoud Abbas,
le président de l'Autorité palestinienne. Avant d'y arriver, il a dû franchir le sinistre mur entourant la ville,
construit par les Israéliens. Autorisé à passer près le tombeau de Rachel - route interdite aux Palestiniens -
il a pu constater les trois immenses portes blindées, ouvertes ou fermées selon le bon désir de l'occupant.
Aux alentours, il a pu voir toutes les maisons dont les habitants ont été chassés, et il a mieux compris le désespoir
du peuple palestinien. Il a dès lors trouvé des mots très forts, prononcés au camp de réfugiés d'Aïda, pour dénoncer cette «tragique» construction:
« S'élevant au-dessus de nous, qui sommes rassemblés ici cet après-midi, nous domine le mur, rappel incontournable de l'impasse
où les relations entre Israéliens et Palestiniens semblent avoir abouti. Dans un monde où les frontières sont de plus
en plus ouvertes (...) il est tragique de voir des murs continuer à être dressés. » Avec ceux qui ont tant perdu
En quittant Bethléem Benoît XVI a ajouté : « Mon souhait le plus sincère pour vous, peuple de Palestine, est que
cela arrivera bientôt por vous permettre de jouir de la paix, de la liberté et de la stabilié dont vous avez
été privés depuis si longtemps ». Certains amis de la Palestine ont reproché au Pape de ne pas avoir utilisé
les termes «occupation», « territoires occupés ». Sans doute pour ne pas heurter la sensibilité des Israéliens.
Mais n'a-t-il pas dit la même chose en évoquant : « la liberté... dont vous avez été privé depuis si longtemps»? Dépasser la peur et la défiance
Pour autant, les discours de Benoît XVI sont, là-aussi, restés équilibrés. Lors de sa rencontre avec Mahmoud Abbas,
il a rappelé « les sérieuses inquiétudes concernant la sécurité d'Israël » et il n'a pas hésité à exhorter
les jeunes « à ne pas se livrer à la violence ou au terrorisme ». Ainsi, au camp d'Aïda, il a affirmé:
« De part et d'autre du mur, un grand courage est nécessaire pour dépasser la peur et la défiance,
pour résister au désir de se venger des pertes et des torts subis. Il faut de la magnanimité pour rechercher
la réconciliation après des années d'affrontement. Pourtant l'histoire a montré que la paix ne peut advenir
que lorsque les parties en conflit sont désireuses d'aller au delà de leurs griefs et de travailler ensemble
pour des buts communs, prenant chacun au sérieux les inquiétudes et les peurs de l'autre». Le cercle vicieux de la violence
Lors de la cérémonie de congé à l'aéroport de Tel Aviv, Benoît XVI lancera un « appel à tous les peuples de ces terres:
Plus d'effusion de sang ! Plus de combats ! Plus de terrorisme ! Plus de guerre ! Brisons plutôt le cercle vicieux
de la violence. Que s'établisse ici une paix durable basée sur la justice, que s'établissent une réconciliation
et une guérison véritable. (...) Que la solution de deux Etats devienne une réalité et ne reste pas un rêve...».
Mais il ajoutera aussi : «Une des plus tristes images au cours de ma visite sur ces terres fut le mur!» ![]() ![]() |
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Chrétiens et musulmans au coude à coude ![]()
Maurice Buttin a eu connaissance de ce reportage signé MG.
Le Sheik Hussein, le grand Imam de Rafah, m'emmène aujourd'hui à Gaza rencontrer le Père Manuel Mussalam,
le curé de la paroisse de Gaza où vivent 3.500 Palestiniens catholiques.
Le père Manuel Mussalam est un Palestinien de 70 ans, né à Birzeit, qui est arrivé à Gaza en 1995.
Il est très respecté par les Musulmans de Gaza et en particulier par les dirigeants du Hamas, car il se considère comme un homme de
Dieu, mais aussi comme un Palestinien ; il aide tous les habitants, chrétiens et musulmans. Ses prêches du dimanche sont également
très virulents contre l'occupation et les exactions des Israéliens. ![]() |