|
Maître Maurice BUTTIN a été longtemps Président du Comité France-Palestine.
|
|
La réconciliation historique Fatah - Hamas ![]() Le printemps arabe et le changement de la politique extérieure égyptienne auront eu comme conséquence heureuse, la rencontre, à Damas le 3 mai 2011, de Mahmoud Abbas et du chef du Hamas en exil. Mais les réactions occidentales, une fois de plus, auront justifié la colère de bien des arabes, humiliés par les exigences imposées au Hamas et le silence devant le comportement d’Israël. 3 mai 2011 : un face à face historique
Le 27 avril 2011, après quatre années d’opposition, voire de violences fratricides, et de vaines tentatives de rapprochement, les deux rivaux palestiniens faisaient état, au Caire – à l’étonnement de tous les observateurs et chancelleries – de leur accord, sous l’égide de l’Egypte, pour former un gouvernement de transition, composé de personnalités indépendantes ou de technocrates, en vue d’élection présidentielle et législative au même moment, d’ici une année. Et, dans un communiqué publié le 30 avril, à Gaza, le Premier ministre du gouvernement Hamas, Ismaïl Haniyey, déclarait être « prêt à remettre (sa) démission dans le cadre de cet accord », ajoutant : « Il est très important, il faut multiplier les efforts pour mettre fin aux divisions et favoriser l’unité des Palestiniens ».
Un fruit du printemps arabe
Incontestablement au premier chef, le « Printemps arabe ». Depuis des semaines, à l’exemple de leurs frères de Tunisie ou d’Egypte, les jeunes Palestiniens - de la « Coalition du 15 mars » - tant de Cisjordanie que de Gaza, réclamaient non la « chute du régime » mais « la fin de la division », lors de rassemblements publiques. Et de grandes manifestations de joie ont souligné dans les deux parties de la Palestine ce retour à l’unité du peuple palestinien.
La politique extérieure égyptienne
Cet accord est bien aussi dû au changement attendu de la politique extérieure égyptienne. Moubarak ne recherchait pas, loin de là, l’unité entre les deux frères ennemis palestiniens. Il craignait par la suite le développement en Egypte des Frères musulmans pourchassés sous son règne. Or, aujourd’hui, les Frères musulmans s‘apprêtent à participer au futur gouvernement issu des élections de septembre. La situation n’est donc plus la même. Et si les militaires encore au pouvoir ont fait savoir à Israël qu’ils ne remettraient pas en cause le traité de paix signé en 1979, ils n’en ont pas moins décidé – à la très grande joie des Gazaouis et à la fureur des Israéliens – d’ouvrir à titre permanent, à compter du 28 mai, le terminal routier de Rafah, à sa frontière avec la Bande de Gaza dont la fermeture n’était pas prévue dans le dit traité !
Contradictions israéliennes
Des menaces ont même étaient proférées par le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman : « Nous disposons d’un vaste arsenal de mesures, telles que la suppression du statut de VIP pour Mahmoud Abbas et le Premier ministre, Salam Fayyad, ce qui ne leur permettrait plus de circuler librement en Cisjordanie ». Pour lui, il est évident que les élections à venir permettront au Hamas de prendre le contrôle de la Cisjordanie, après celui de Gaza… Le chef sortant du Shin Beth (le service de sécurité intérieur israélien) a estimé pour sa part « quasi nulles les chances d’une véritable réconciliation » !
![]() |
|
Le printemps arabe et le conflit israélo-palestinien L'accueil des participants, inscrits avant le 17 novembre - au secrétariat du CVPR PO, 54 rue des Entrepreneurs 75015 Paris - se fera de 8 h 30 à 9 h. Une pièce d'identité sera demandée.
Allocutions de bienvenue : ![]() |
|
15 Mai 1948 - 15 mai 2010 : ![]()
Les Palestiniens ont commémoré le 15 mai dernier, partout dans le monde arabe, Le partage en deux états
De 1924 jusqu'au 14 mai 1948, la Palestine était restée sous mandat britannique, comme, le Liban et la Syrie l'avaient été
sous mandat de la France. A la différence des deux autres Etats, toutefois, la Palestine ne devait pas obtenir son indépendance!
Le 29 novembre 1947, en effet, l'Assemblée générale des Nations Unies avait décidé de la partager en deux Etats:
l'un juif, bénéficiant de 55 % du territoire - ils en possédaient jusque-là 6% - ! l'autre arabe, de 43% ;
une enclave internationale étant prévue pour les lieux saints de Jérusalem et de Bethléem. L'expulsion des familles palestiniennes
Sans attendre la proclamation d'Israël, l'armée secrète, la Haganah, aidée par une milice extrémiste,
l'Irgoun - commandée par le futur Premier ministre Begin - se charge d'occuper la partie du pays envisagé pour
l'Etat juif. Pas seulement de l'occuper, mais de le vider de ses populations ! Tantôt par la violence armée, tantôt
par des massacres organisés. Ainsi, Jaffa, ville à très forte majorité arabe, située dans ce futur Etat, est attaquée
par les combattants juifs le 25 avril 1948, après d'intensifs bombardements. Elle voit sa population civile,
de 70 à 80.000 habitants environ, réduite à 4 ou 5.000 ! De même, autre exemple, le massacre par l'Irgoun,
le 9 avril 1948, de 250 habitants - femmes, enfants, vieillards - du petit village de Deir Yassine,
près de Jérusalem, fait fuir le reste de sa population et celle de localités voisines. L'exode palestinien : une politique planifiée.
Rappelons quelques chiffres : plus de 500 villages rayés de la carte ! Plus de 700.000 Palestiniens chassés,
expulsés, de leur pays ! Quelques uns purent revenir lors de l'adhésion d'Israël aux Nations Unies, en mai
1949. Parce que, seul Etat dans ce cas, deux conditions lui avaient été imposées : reconnaissance des
résolutions 181 de novembre 1947 (partage) et 194 du 11 décembre 1948 (retour des « réfugiés » chez eux ou indemnisés).
Mais ces chanceux - ou plutôt malheureux - se virent interdire le droit de retourner dans leur village,
de le reconstruire. Ils sont depuis les « réfugiés de l'intérieur », souvent installés à Nazareth! ![]() |
|
Le séjour politique
de Benoît XVI
en Terre-Sainte ![]() Maurice Buttin analyse essentiellement la dimension politique du voyage du Saint-Père en Israël et en Palestine, après ses trois journées en Jordanie, même si - il tient à le souligner - ce séjour était avant tout religieux : un pèlerinage et une visite pastorale aux chrétiens de Terre sainte. Hommage aux victimes juives Dès son arrivée à Tel Aviv, Benoît XVI, accueilli en chef d'Etat par le président Shimon Peres et le premier ministre Benyamin Netanyahou, a tenu à condamner fermement l'antisémitisme qui «continue de relever son visage répugnant dans de nombreuses parties du monde, ce qui est totalement inacceptable ». Et il a réaffirmé que l'Eglise se trouvera toujours aux côtés du peuple juif pour combattre ce fléau. L'après-midi, au mémorial de Yad Vashem à Jérusalem, il a rendu hommage à la mémoire des millions de juifs disparus dans la Shoah et il a, en outre, rejeté tout négationnisme - en allusion à l'affaire Williamson. Pas de paix sans justice
A propos du conflit Israélo-palestinien, évoqué d'emblée à l'aéroport et repris lors
de sa visite de courtoise au président Shimon Peres, Benoît XVI a appelé les dirigeants
israéliens, pour le moins surpris, à l'urgence d'un processus de paix. Il a certes évoqué
la «sécurité », l'obsession quotidienne des Israéliens, mais il a bien précisé que l'on
ne l'obtient qu'en assurant la justice, qui est à la base de la paix. Ainsi,
se présentant en « pèlerin de la paix », il a demandé la poursuite de négociations
pour la recherche d'une juste solution de façon « que les deux peuples puissent vivre
en paix dans leur pays respectif à l'intérieur de frontières sûres et internationalement reconnues »,
ce d'ailleurs en conformité avec la politique traditionnelle du Vatican soutenant la création d'un Etat palestinien. Après Israël, la Palestine.
Le pape s'est rendu à Bethléem, où il a été accueilli sur l'esplanade du palais présidentiel par Mahmoud Abbas,
le président de l'Autorité palestinienne. Avant d'y arriver, il a dû franchir le sinistre mur entourant la ville,
construit par les Israéliens. Autorisé à passer près le tombeau de Rachel - route interdite aux Palestiniens -
il a pu constater les trois immenses portes blindées, ouvertes ou fermées selon le bon désir de l'occupant.
Aux alentours, il a pu voir toutes les maisons dont les habitants ont été chassés, et il a mieux compris le désespoir
du peuple palestinien. Il a dès lors trouvé des mots très forts, prononcés au camp de réfugiés d'Aïda, pour dénoncer cette «tragique» construction:
« S'élevant au-dessus de nous, qui sommes rassemblés ici cet après-midi, nous domine le mur, rappel incontournable de l'impasse
où les relations entre Israéliens et Palestiniens semblent avoir abouti. Dans un monde où les frontières sont de plus
en plus ouvertes (...) il est tragique de voir des murs continuer à être dressés. » Avec ceux qui ont tant perdu
En quittant Bethléem Benoît XVI a ajouté : « Mon souhait le plus sincère pour vous, peuple de Palestine, est que
cela arrivera bientôt por vous permettre de jouir de la paix, de la liberté et de la stabilié dont vous avez
été privés depuis si longtemps ». Certains amis de la Palestine ont reproché au Pape de ne pas avoir utilisé
les termes «occupation», « territoires occupés ». Sans doute pour ne pas heurter la sensibilité des Israéliens.
Mais n'a-t-il pas dit la même chose en évoquant : « la liberté... dont vous avez été privé depuis si longtemps»? Dépasser la peur et la défiance
Pour autant, les discours de Benoît XVI sont, là-aussi, restés équilibrés. Lors de sa rencontre avec Mahmoud Abbas,
il a rappelé « les sérieuses inquiétudes concernant la sécurité d'Israël » et il n'a pas hésité à exhorter
les jeunes « à ne pas se livrer à la violence ou au terrorisme ». Ainsi, au camp d'Aïda, il a affirmé:
« De part et d'autre du mur, un grand courage est nécessaire pour dépasser la peur et la défiance,
pour résister au désir de se venger des pertes et des torts subis. Il faut de la magnanimité pour rechercher
la réconciliation après des années d'affrontement. Pourtant l'histoire a montré que la paix ne peut advenir
que lorsque les parties en conflit sont désireuses d'aller au delà de leurs griefs et de travailler ensemble
pour des buts communs, prenant chacun au sérieux les inquiétudes et les peurs de l'autre». Le cercle vicieux de la violence
Lors de la cérémonie de congé à l'aéroport de Tel Aviv, Benoît XVI lancera un « appel à tous les peuples de ces terres:
Plus d'effusion de sang ! Plus de combats ! Plus de terrorisme ! Plus de guerre ! Brisons plutôt le cercle vicieux
de la violence. Que s'établisse ici une paix durable basée sur la justice, que s'établissent une réconciliation
et une guérison véritable. (...) Que la solution de deux Etats devienne une réalité et ne reste pas un rêve...».
Mais il ajoutera aussi : «Une des plus tristes images au cours de ma visite sur ces terres fut le mur!» ![]() ![]() |
|
Chrétiens et musulmans au coude à coude ![]()
Maurice Buttin a eu connaissance de ce reportage signé MG.
Le Sheik Hussein, le grand Imam de Rafah, m'emmène aujourd'hui à Gaza rencontrer le Père Manuel Mussalam,
le curé de la paroisse de Gaza où vivent 3.500 Palestiniens catholiques.
Le père Manuel Mussalam est un Palestinien de 70 ans, né à Birzeit, qui est arrivé à Gaza en 1995.
Il est très respecté par les Musulmans de Gaza et en particulier par les dirigeants du Hamas, car il se considère comme un homme de
Dieu, mais aussi comme un Palestinien ; il aide tous les habitants, chrétiens et musulmans. Ses prêches du dimanche sont également
très virulents contre l'occupation et les exactions des Israéliens. ![]() |