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Une expérience d'altérité
Georges, tu as été témoin d'oppositions violentes entre communautés religieuses ou entre religions.
Ce que tu as vu en Irlande ou au Liban avait été précédé par des séjours aux Etats Unis. Peux-tu raconter cette expérience des années 50 ?
J'ai été journaliste, pigiste, c'est-à-dire indépendant. J'ai voulu rencontrer l'autre, l'étranger, le différent. Quand je partis pour la première fois aux Etats-Unis, en 1950-1951,
Paris était encore marqué par la guerre. Les Etats Unis étaient loin : 17 heures de vol avec escale à Terre-Neuve et ils étaent loin aussi par la différence de niveau de vie.
L'Amérique était « une société d'abondance » (affluent society). Je ne connaissais pas même cette expression ! Je voyais pour la première fois un pays riche ! Ce fut pour moi un
choc et j'en suis heureux : tant et tant de voitures, c'était séduisant. A l'époque, à Paris, sur les Champs Elysées, la circulation n'était pas comme aujourd'hui ! Je suis content
d'avoir vécu ce dépaysement parce que tous les immigrés qui viennent aujourd'hui d'Amérique latine vers les Etats-Unis ont ce même choc. Les Africains qui arrivent en France l'ont
sûrement aussi.
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